Le blues de la communicante

30 Juin 2022

Je suis communicante, option rédaction.

L’information, les mots, les gens, c’est ma passion. Si je peux en plus parler d’alimentation ou d’écologie, je suis aux anges. Interviewer, questionner, écouter, faire préciser, rédiger, synthétiser, clarifier, peaufiner, emporter le lecteur : je suis heureuse dans le bain des idées, des informations, des impressions aussi, à mettre en mots, à donner voir. J’aime écrire sur les autres, les projets, les produits, les restos, les événements. Les mettre en lumière.

Mais quand il faut parler de moi et de ce que je fais, c’est une autre paire de manches ! J’ai rejoint un collectif d’entrepreneurs un temps, où j’ai travaillé mon pitch. Je publie sur les réseaux sociaux – Instagram et LinkedIn, en particulier, que j’apprécie chacun pour des raisons différentes. J’essaye de parler de ce que je fais. Je partage surtout beaucoup d’informations sur ce que j’aime et trouve intéressant (alimentation, écologie et littérature en tête du peloton !). Je m’efforce de me livrer plus, de parler davantage de mes services, mes missions, mes clients.

STOP ! 

Et puis parfois, je m’épuise, je crie au ras-le-bol. Je ne voudrais faire que travailler, dans mon coin, pour mes clients, sans « communiquer » sur ce que je fais. Sans être visible où que ce soit. Comme une artisane, à laquelle je m’identifie. Dans son atelier, les outils en main, la concentration au cœur du métier. Sans parler, sans dire, sans avoir besoin de se faire (re)connaître.

Une coach m’a rappelé récemment que les réseaux sociaux doivent être à notre service, et non l’inverse. Mais qui saura ce que je fais si je n’en parle pas ? Comment trouver de nouveaux clients si je ne communique pas ? Je suis alignée avec mes valeurs (respect, humanisme, écoute, écologie), j’ai réfléchi à mon « personal branding », mais l’exposition constante me heurte. La visibilité m’écrase. J’aime le silence, les creux, les vides, le rien, qui laissent place à la réflexion, à l’inspiration, à la création. J’aime la tranquillité, en opposition à cette société sur-communicante, sur-informée, sur-stimulante, que je trouve épuisante.

Je suis communicante… et je suis ambivalente sur le sujet ! Vouloir être très visible, est-ce que ce n’est pas comme s’exposer exagérément au soleil, au risque de cramer ? J’aime l’ombre, oui, je l’admets. Je préfère travailler à mettre les autres en lumière que moi-même. Je ne veux pas qu’on me voie : je préfère qu’on me lise !  Et si je m’écoutais, si je respectais mes besoins ?

Et vous, quel rapport avez-vous à la visibilité, la vôtre tant que sujet et celle de votre entreprise ? 

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